Contester un rapport d’expertise : mode d’emploi
On croit souvent qu’un rapport d’expertise médicale est une parole d’évangile, un document définitif que l’on ne peut pas discuter. C’est une erreur, et une erreur qui coûte cher aux victimes. Un rapport d’expertise peut être contesté, à condition de connaître les règles du jeu et de s’y prendre correctement. Voici comment.
Quand peut-on contester un rapport d’expertise ?
Plusieurs motifs peuvent justifier une contestation. Le rapport peut contenir des erreurs matérielles, une mauvaise appréciation des séquelles, l’oubli d’un poste de préjudice, une méconnaissance de l’état antérieur de la victime, ou encore une cotation manifestement insuffisante des souffrances endurées ou du préjudice esthétique. Il peut aussi y avoir eu un défaut de contradictoire, c’est-à-dire que la victime n’a pas été en mesure de faire valoir ses observations.
Les voies de contestation à l’amiable
Avant d’envisager le tribunal, il est possible de demander une contre-expertise amiable, réalisée par un médecin indépendant choisi par la victime. Ce second avis peut suffire à faire évoluer la position de l’assureur. Il est également possible d’adresser des dires à l’expert avant le dépôt du rapport définitif, pour lui demander de répondre à des questions précises.
La contestation devant le juge
Si la voie amiable échoue, la victime peut demander au juge une nouvelle expertise judiciaire. Le juge apprécie souverainement la demande : il l’accorde lorsqu’il existe des éléments sérieux de nature à remettre en cause l’expertise initiale. La jurisprudence montre que les tribunaux ordonnent des contre-expertises lorsque le rapport initial présente des lacunes manifestes.
Pourquoi c’est souvent décisif
Le rapport d’expertise sert de base au calcul de l’indemnisation. Un taux de déficit fonctionnel sous-évalué, des souffrances cotées trop bas, un préjudice esthétique minoré : chaque erreur se traduit par des milliers d’euros perdus, définitivement. Contester un rapport insuffisant, c’est souvent la différence entre une indemnisation au rabais et une réparation juste.
Un exercice qui demande un professionnel
Contester une expertise ne s’improvise pas : il faut connaître les barèmes, les motifs de nullité, les délais, et savoir argumenter médicalement. Un avocat spécialisé, appuyé par un médecin conseil, saura identifier les faiblesses du rapport et choisir la bonne stratégie. Le cabinet Ellipsis vous accompagne dans cette démarche, et le premier échange est gratuit, au 01 30 74 70 50.