Barème d’indemnisation : combien vaut mon préjudice après un accident ?

Après un accident de la route, une chute dans un escalier, une agression, la même question revient toujours, souvent dès les premiers jours, parfois même depuis le lit d’hôpital : combien vais-je toucher ? C’est humain, c’est légitime, et pourtant c’est une question à laquelle personne ne peut répondre d’un coup de baguette magique. L’indemnisation du préjudice corporel obéit à des règles précises, patiemment construites par la loi et par des décennies de jurisprudence. Encore faut-il savoir les lire.

Le principe de la réparation intégrale

Le point de départ est un principe simple, presque beau dans sa formulation : la victime doit être indemnisée de tous les préjudices qu’elle subit, ni plus, ni moins. Les juristes parlent de réparation intégrale, et ce principe est gravé à l’article 1240 du Code civil. Concrètement, l’idée est de remettre la personne dans la situation où elle se trouvait avant l’accident, autant que l’argent le permet. On ne répare pas un corps, on ne rend pas une vie brisée, mais on compense, point par point, ce qui a été perdu : les frais médicaux restés à charge, le salaire qu’on n’a pas perçu pendant des mois, les souffrances endurées, la cicatrice qu’on voit dans le miroir chaque matin, la carrière qui s’est arrêtée net.

La nomenclature Dintilhac, la grille de lecture des préjudices

Pour mettre de l’ordre dans tout cela, les professionnels du droit utilisent une grille de lecture précise, la nomenclature Dintilhac, du nom du magistrat qui l’a pensée en 2005. Cette grille découpe le préjudice en postes, comme on découpe un puzzle. Il y a le déficit fonctionnel temporaire, c’est-à-dire la gêne subie pendant la période de soins, quand on ne peut plus vivre normalement, se lever, cuisiner, conduire. Il y a le déficit fonctionnel permanent, le taux d’incapacité que l’expert fixe une fois l’état consolidé : dix pour cent, vingt-cinq pour cent, parfois davantage. C’est souvent le poste le plus lourd. Il y a les souffrances endurées, ce que les praticiens appellent le pretium doloris, coté de un à sept selon l’intensité des douleurs, et le préjudice esthétique, coté de la même manière, pour les cicatrices, les brûlures, les déformations. Il y a encore le préjudice professionnel, la perte de revenus, la perte de chance de promotion, l’impossibilité de reprendre son métier, et puis les frais divers, les déplacements, l’assistance d’une tierce personne, sans oublier le préjudice d’agrément quand on ne peut plus jouer au tennis ou jardiner, et parfois des postes plus intimes, le préjudice sexuel, le préjudice d’établissement, que l’on n’ose même pas évoquer dans la conversation courante.

Les barèmes d’indemnisation : des repères, pas une vérité absolue

Alors, me direz-vous, il existe bien des barèmes, non ? Oui et non. Il n’existe aucun barème légal officiel, aucune grille de tarifs publiée au Journal officiel. Ce que les avocats utilisent, ce sont des références tirées des décisions de justice, le fameux Livre vert de la Gazette du Palais, les barèmes des cours d’appel, qui varient d’une région à l’autre et d’un dossier à l’autre. À titre de repère très approximatif, des souffrances cotées trois sur sept valent souvent quelques milliers d’euros, un taux de cinq pour cent s’approche d’une dizaine de milliers d’euros, un taux de vingt pour cent peut atteindre plusieurs dizaines de milliers, et les dossiers les plus graves, ceux qui dépassent cinquante pour cent, se chiffrent couramment en centaines de milliers d’euros. Mais chaque chiffre mérite d’être immédiatement nuancé, parce que l’âge de la victime, sa profession, son état de santé antérieur, la date de consolidation font varier les montants du simple au double.

Pourquoi la première offre de l’assureur est rarement la bonne

Voilà pourquoi il faut se méfier de la première offre de l’assureur. L’assurance du responsable, ou le Fonds de Garantie quand le responsable est inconnu, a l’obligation de faire une proposition dans les huit mois suivant l’accident, c’est la loi, article L. 211-9 du Code des assurances. Mais cette offre est presque toujours calculée au plus juste. Elle minore certains postes, en oublie d’autres, s’appuie parfois sur un rapport d’expertise incomplet. Accepter sans réfléchir, c’est souvent accepter vingt à quarante pour cent de moins que ce qu’un avocat spécialisé aurait obtenu, parce que la négociation, c’est un métier, et que les assureurs le savent mieux que quiconque.

Les étapes du processus d’indemnisation

Le processus, lui, suit des étapes bien balisées : l’expertise médicale d’abord, qui évalue chaque poste, puis l’offre amiable, la discussion, et si la discussion échoue, le tribunal fixe l’indemnisation. Chaque étape a son importance, et chacune se prépare. Si ce guide vous a éclairé, sachez qu’il existe une façon simple de savoir ce que vaut réellement un dossier : le faire évaluer par un professionnel. Au cabinet Ellipsis, le premier échange est gratuit, sans engagement, et il permet souvent aux victimes de repartir avec une idée claire de ce qu’elles peuvent légitimement espérer. Un appel au 01 30 74 70 50, et la machine se met en route.

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