Expertise médicale après accident : comment ça se passe vraiment ?
Il y a un moment que toutes les victimes redoutent, souvent plus que l’accident lui-même : l’expertise médicale. On imagine un médecin froid, un interrogatoire serré, un examen intrusif, et surtout un rapport dont on ne comprendra rien et qui décidera seul, de manière définitive, du montant de l’indemnisation. La réalité est heureusement moins terrifiante. Mais elle mérite qu’on s’y prépare sérieusement, parce que l’enjeu, lui, est bien réel.
Le rôle du médecin expert
Commençons par dissiper un malentendu : le médecin expert ne soigne pas. Il constate, il évalue, il décrit. Son travail consiste à faire la photographie la plus précise possible des conséquences de l’accident sur votre corps et sur votre vie, et c’est cette photographie qui servira de base au calcul de l’indemnisation, à l’amiable comme devant le tribunal. Si le rapport est incomplet, si un poste de préjudice n’a pas été évoqué, il y a fort à parier qu’il ne sera jamais indemnisé. C’est pour cela qu’on répète aux victimes que la préparation de l’expertise est aussi importante que l’expertise elle-même, et ce n’est pas une formule creuse.
Les différents types d’expertise
Il faut d’abord savoir qu’il existe plusieurs types d’expertises, et que tous ne se valent pas. L’expertise amiable, organisée avec l’assureur, souvent par un médecin conseil de sa partie, est rapide mais peu protectrice. L’expertise judiciaire, ordonnée par un juge et confiée à un expert inscrit sur les listes des cours d’appel, est plus approfondie, contradictoire, et fait figure de référence en cas de litige. Il existe aussi l’expertise en réclamation, réalisée à la demande de la victime avant tout contentieux, pour établir les préjudices dans des conditions plus sereines. Le choix de la formule n’est pas anodin, et il dépend beaucoup de la stratégie que l’on souhaite adopter.
Le déroulé de l’expertise pas à pas
Concrètement, le déroulé est toujours à peu près le même. Vous recevez une convocation par lettre recommandée, avec la date, le lieu et le nom de l’expert. Si vous êtes accompagné d’un avocat, il est convoqué lui aussi, c’est important. Le jour J, l’expert commence par recueillir vos dires : votre état de santé avant l’accident, ce qui a changé depuis, vos douleurs, vos difficultés. Vient ensuite l’examen clinique proprement dit, les amplitudes articulaires, les cicatrices, les comptes rendus médicaux. Vous avez le droit, et c’est souvent une bonne idée, d’être assisté d’un médecin de votre choix, qui veillera à ce que rien ne soit oublié. À la fin, vous pouvez formuler des observations, elles seront consignées, puis l’expert rédige son rapport, qui fixe la date de consolidation, le taux d’incapacité, les cotations des souffrances et du préjudice esthétique.
Les erreurs qui coûtent cher aux victimes
Il y a des erreurs que l’on voit revenir sans cesse, et qui coûtent cher aux victimes. La première, c’est de minimiser. Par pudeur, par fierté, beaucoup répondent ça va quand l’expert demande comment ils vont, alors qu’ils ne dorment plus, qu’ils ne peuvent plus porter leurs enfants, qu’ils ont arrêté le sport qu’ils adoraient. L’expert ne sait que ce qu’on lui dit, et la douleur ne se devine pas, elle se décrit. La deuxième erreur, c’est d’arriver les mains vides, sans ses comptes rendus, ses ordonnances, ses arrêts de travail, alors que chaque document compte. La troisième, c’est de se présenter seul face au médecin de l’assureur, dans un rapport de force que la victime n’imagine même pas. La quatrième, c’est de croire que l’expert sait tout de votre vie, alors qu’il ne connaît que ce qu’on lui montre. La cinquième, enfin, c’est de signer un document sans l’avoir fait relire par un professionnel.
Comment bien se préparer à l’expertise
La bonne nouvelle, c’est que tout cela se prépare. Un simple journal tenu depuis l’accident, où l’on note ses douleurs, ses gênes, les activités abandonnées, les aides dont on a besoin, change tout le rapport d’expertise. Rassembler ses documents en amont, écrire la liste de ses doléances, venir accompagné d’un médecin conseil et d’un avocat : ce sont des gestes simples qui transforment une formalité redoutée en étape maîtrisée. Au cabinet Ellipsis, nous assistons les victimes pendant toute cette phase, y compris lors de l’examen lui-même, et nous relisons chaque rapport avec la plus grande attention avant qu’il ne soit validé. Le premier échange est gratuit, au 01 30 74 70 50.