Accident de la vie courante : indemnisation de votre préjudice corporel

Une chute sur le trottoir. Une brûlure en cuisine. Une glissade dans les escaliers de la piscine municipale. Des accidents du quotidien qui, chaque année, laissent des victimes avec des séquelles durables et aucun responsable identifiable. L’accident de la vie courante soulève une question cruciale : qui paie quand personne n’est en tort ?

Qu’est-ce qu’un accident de la vie courante ?

L’accident de la vie courante désigne un dommage corporel subi hors de tout cadre de responsabilité classique. Ni accident du travail, ni accident de la route, ni agression : il survient dans le cadre de la vie privée. Une étagère qui s’effondre, une morsure par un animal de compagnie, un accident lors d’une partie de football entre amis… Autant de situations qui, bien que banales, peuvent avoir des conséquences graves.

Le principe est simple : en l’absence de tiers responsable, ce sont la solidarité nationale et les contrats d’assurance personnels qui prennent le relais. Pourtant, beaucoup de victimes renoncent à leurs droits par méconnaissance des mécanismes en jeu.

Les situations les plus fréquentes

Le quotidien regorge de pièges insoupçonnés. Un malaise dans la salle de bain, une blessure en bricolant, une chute à vélo hors des voies publiques… Aucun de ces accidents n’engage la responsabilité d’autrui. La victime doit alors se tourner vers ses propres garanties.

Deux voies d’indemnisation : la GAV et le FGTI

La garantie accidents de la vie (GAV) est souvent incluse dans les contrats d’assurance habitation. Elle couvre, sous conditions de plafonds, les dommages corporels résultant d’un accident de la vie privée — même sans tiers responsable. Vérifiez votre avis d’échéance : cette option est fréquemment proposée en standard.

Si vous n’avez pas souscrit cette garantie, ou si l’accident ne peut être imputé à aucune personne identifiable, le Fonds de garantie des victimes (FGTI) peut intervenir. Créé par la loi du 5 juillet 1985 et codifié aux articles L. 421-1 et suivants du Code des assurances, il indemnise les victimes d’infractions ou, dans le cadre de sa mission de solidarité, certaines atteintes à la personne. L’article 706-14 du Code de procédure pénale définit les conditions de saisine.

L’étape cruciale : l’expertise médicale

Quelle que soit la voie choisie, l’évaluation du préjudice passe par une expertise médicale. L’expert utilise la nomenclature Dint (Document d’information et de notation des ententes et indemnisations des traumatisés crâniens et autres traumatisés), référence commune devant les juridictions. Déficit fonctionnel permanent, souffrances endurées, préjudice esthétique, perte de gains professionnels… Chaque poste fait l’objet d’une évaluation chiffrée.

J’ai trop souvent vu des victimes accepter une indemnisation sans avoir examiné le détail des postes. Or, l’expert ne connaît votre situation que par vos déclarations et les pièces que vous fournissez. Préparez soigneusement vos comptes-rendus opératoires, vos arrêts de travail, vos factures de soins.

Prescription et démarches : ne tardez pas

Le délai pour saisir le FGTI est de trois ans à compter de l’accident ou de la consolidation des blessures. Passé ce délai, l’indemnisation devient irrecevable. La saisine s’effectue via un formulaire CERFA adressé à la commission locale d’indemnisation compétente.

Conclusion & Contact

Un accident de la vie courante ne doit pas devenir une charge financière pour la victime. GAV, FGTI, expertise… Les leviers existent, mais leur mobilisation exige rigueur et anticipation. Le cabinet Ellipsis Avocats accompagne les victimes dans la constitution de leur dossier et la défense de leurs préjudices devant les commissions et les assureurs.

Article rédigé par Me Marc Montagnier, avocat — contenu informatif, ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.

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